02/20/17

Lu grâce à Babelio

 

 

Ce livre figurant dans la liste de ceux que nous pouvions recevoir, je me suis immédiatement dit, à la lecture de la quatrième de couverture : « Ce livre est pour toi. »

Approcher cette guerre côté soldat, comprendre précisément le terrain d’opex, voir de l’autre côté du miroir… belles perspectives.

J’étais également très curieuse, je ne le cache pas, de découvrir comment l’auteur qui, elle le dit elle-même, était « pleine de préjugés », qui ne partage « pas leurs idées politiques ou leur vision des rapports de genre » allait aborder le sujet.

Parmi la trentaine de militaires avec lesquels elle s’est entretenue, Pauline Maucort a choisi de nous présenter l’expérience de 9 d’entre eux.

Je me suis littéralement régalée à lire les témoignages des 5 premiers militaires. Une immersion totale. Une plume si juste que l’on en oublie qu’il y a, entre le récit de l’homme et le lecteur, un journaliste. On est dans les scènes de guerre, on vit la tension, on comprend que toute personne confrontée à cette réalité ne puisse rentrer indemne, et que des sas de décompression et autres formes d’aide soient indispensables.

Puis est arrivé le témoignage du légionnaire qui, faute de blessure physique, n’a pu obtenir, de l’AGPM (elle est rhabillée pour l’hiver, l’Association de Prévoyance…), le montant de son assurance. Et là, règlements de compte à ok corral, ambiance délétère au rendez-vous : tous des salauds ! Certes, derrière les mots, on sent  la détresse de l’homme.  On se surprend même à compatir : 5 ans, 5 ans pour ça… Mais au final, on est plus dérangés qu’autre chose.

Vient ensuite le témoignage de « la mère célibataire » (titre du chapitre). Un témoignage qui se fait durant la sieste de sa petite fille, alors que la mère fait des crêpes. Un peu cliché, non ? Soit. Bien vite, on verse alors dans tous les autres clichés tellement/trop faciles -comment aurait-il pu en être autrement avec la mise en scène de préambule ???????- : la seule femme au milieu des hommes, celle que l’on reluque, la compétition avec les autres femmes qui défendent leur pré carré, le sexe qui fait marcher TOUS les hommes… Bref, tous des cochons et les opérations en Afrique ne sont qu’un vaste baisodrome (à bon entendeur…). Abominable pour les familles… Des familles dont le témoignage aurait été intéressant, du reste.

 

Bref, un beau sujet sur le papier ; un sujet qui aurait pu apporter tant.

Un bel objectif magistralement non atteint.

Une belle preuve qu’il est bien difficile de sortir des chemins battus, d’éviter les poncifs et de tordre le cou aux préjugés.

Car l’arrière-goût sur lequel reste le lecteur est presque nauséabond. Comme dans tout domaine, peut-être faut-il éviter ces quelques exceptions qui ne font pas la règle.

 

 

 

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02/19/17

2 lectures sympas faites durant les vacances

Le titre m’a amusée.

Je me suis lancée et j’ai été emballée !

Ferdinand, 83 ans, est un vieux monsieur aigri, déçu par la vie ; sa femme l’a quitté, sa fille a fui à Singapour et il vit seul, avec Daisy, son chien. Son passe-temps favori : terroriser la concierge et les voisines. Son salut, il le doit à une petite fille, Juliette, qui s’invite tous les midis chez lui, le forçant à s’ouvrir aux autres. Peu à peu, la magie de l’affection opère…

Un livre rafraîchissant, pétillant et d’une infinie tendresse.

Les personnages sont attachants à souhait. J’ai adoré le côté « tatie Danièle » de Ferdinand et la répartie de la petite Juliette qui, du haut de ses 11 ans, fait preuve d’une belle maturité.

Deux extraits pour vous donner un avant-goût :

« Chieuse » n’est pas dans le dictionnaire. C’est la meilleure ! Il faudra qu’on m’explique pourquoi on y met que des mots qui servent jamais ! Est-ce qu’on se sert de « chiffe » ou de « chiton » ? C’est peut-être mon dictionnaire qui est trop vieux. 1993. Les chieuses existaient déjà, non ?

En tous cas, Me Suarez ne laisse rien au hasard. Ses cheveux sont sous contrôle. La perfection de ses boucles peroxydées doit tout à la mise en plis nocturne qu’elle exécute avec assiduité. Chaque soir, le filet bleu maintient l’ensemble en place, ce qui a l’avantage non négligeable de décourager toute envie téméraire de son mari de l’honorer, aussi efficacement que le ferait une ceinture de chasteté.

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Un polar dont l’originalité est de nous transporter dans une contrée très peu commune pour la littérature policière, en … Mongolie !  Une idée peu banale qui s’avère bien pertinente.

Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille…

Un roman pour le moins dépaysant qui nous fait découvrir un pays aux traditions bien ancrées ; un roman qui se dévore de bout en bout.

Le maître du jeu : un homme en colère, caractériel, déchiré mais terriblement attachant.

Une mise en garde : beaucoup de scènes ultra-violentes !

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02/4/17

Le dernier Lambert

Il y a des auteurs comme ça, dont on attend avec une impatience non feinte les nouveaux écrits.

Christophe Lambert en fait partie.

Pour ceux -très peu nombreux, j’en suis certaine- qui ne se rappelleraient pas bien qui est Christophe Lambert, peut-être suffit-il de mentionner 2 titres qui ont véritablement cartonné : Swing à Berlin, Lever de rideau sur Terezin. Deux romans, deux ambiances bien particulières, et toujours cette plume précise, ces descriptions opérantes, ces narrations haletantes.

Avec

Christophe Lambert propose un roman-road dont le point de départ est l’Amérique de 1936.

En fond de toile, la sévère crise économique qui touche le pays, jetant sur les routes des milliers d’Américains en quête d’un avenir meilleur.

L’histoire :

Teddy Gentliz, 15 ans, voyage vers  la Californie avec son père et sa petite sœur Amy dans l’espoir de pouvoir rebondir.
En Arizona, la famille croise un étrange groupe de forains et son charismatique chef : Sirius Huntington. Après avoir assisté à leur spectacle, Amy est soudainement frappée par un mal mystérieux… Persuadé que les forains ont volé l’âme de sa sœur, Teddy se lance à leur poursuite à travers les États-Unis…

 

Un excellent roman fantastique, servi par une plume talentueuse, dans lequel les mondes réel et imaginaire se mêlent dans une ambiance de désarroi des années 30. Fruit d’une imagination fertile et structurée, la fiction se déroule sans effort et le lecteur est prêt à tout instant à suivre le héros dans la quête qui le conduit de rencontres en rencontres, de lieux en lieux : un Indien, des mineurs, un hôpital psychiatrique…

La mise en place de l’intrigue et des différents protagonistes est rapide et efficace ; les rôles sont bien répartis, la quête réserve de nombreuses surprises et l’usage du fantastique sert le scénario de manière cohérente.

Attachants, Teddy et ses amis démontrent que le courage, allié à une amitié sincère, permet de vaincre bien des peurs et de réaliser des prouesses.

Le roman est servi par des rebondissements d’importance, toujours bien choisis, qui tiennent le lecteur en haleine jusqu’à la toute dernière page.

Un récit d’apprentissage et d’initiation qui plaît par son côté insolite et mystérieux.

 

Editions Bayard

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02/3/17

Un nouveau top !

Après Les tops de l’Antiquité et Les tops de la France, voici

3 chapitres :

  • Les grands explorateurs
  • Les grands artistes
  • Hommes et femmes du XXe siècle

Chaque page ou double page est consacrée à un personnage célèbre, avec une illustration-portait, un résumé de sa vie d’une quinzaine de lignes, des encarts anecdotiques livrant des informations étonnantes. Saviez-vous, par exemple, que pour sculpter le tombeau de Jules II, Michel-Ange passe 1 an à chercher le marbre le plus parfait ou encore -si vous n’avez pas vu l’exposition qui lui était consacrée- que Hergé retrouve, à Bruxelles, son ami Tchang qu’il n’avait pas revu depuis 40 ans (Tchang, aide précieuse pour l’écriture du Lotus Bleu)

Le ton est toujours aussi vivant et plein d’humour.

On se régale aussi bien en lisant les textes qu’en admirant les nombreux dessins.

Un quiz et un index clôturent cet ouvrage très attractif et pédagogique, idéal pour développer la curiosité des jeunes lecteurs.

 

Editions Nathan

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02/2/17

Un petit livre bonheur

Gros coup de cœur pour cet album doux, duquel émane une vraie sérénité.

Quatre courtes histoires qui reprennent avec harmonie la faconde enfantine dans ce qu’elle a de plus charmante, pour en faire de véritables hymnes à la vie.

Sont abordés 4 thèmes : la naissance (où j’étais avant de naître ?), l’amitié (quelle richesse d’être entouré !), la joie (qui s’étend autour de soi) et les âges de la vie (à chaque étape ses bonheurs).

A la fin de chaque récit, une délicieuse prière.

Les illustrations, au charme désuet, sont remarquables : la finesse et l’expression des personnages, accompagnées d’une simplicité des traits et des dessins, donnent à l’image une qualité qui correspond très justement aux mots.

De jolies leçons de vie que parents et enfants se plairont à découvrir ensemble.

Ou quand la prière entre à la maison avec couleur et bonne humeur…

Un recueil pour tous, reposant et délicat.

 

Editions Bayard

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02/1/17

Bien plus que le résumé de l’histoire !

Les éditions Milan ont réussi un pari fou : celui de présenter L’Odyssée  sous un angle différent et non moins très intéressant.

Avant de se lancer dans la découverte des différentes étapes du voyage, les deux auteurs ont eu la riche idée de commencer par impliquer les petits lecteurs en partant d’une situation concrète, à savoir que les héros d’aujourd’hui, ceux que l’on découvre dans les romans ou films actuels, ces héros qui se construisent au fil d’épisodes et au gré d’épreuves, ont tous un « petit quelque chose » à voir avec les grandes figures de L’Iliade et L’Odyssée.

Et l’aventure dans la Grèce d’il y a 2 800 ans de commencer…

Les ressorts du récit de l’Odyssée sont conservés intacts ; le style est à la fois narratif et informatif.

On appréciera la mise en page claire et les illustrations expressives -de grandes scènes ou des pages en vignettes- qui rendent la lecture aisée et accessible à des plus jeunes.

A noter, le marque-page très sympa : un joli ruban au bout duquel se trouve l’effigie d’Ulysse.

Une façon astucieuse de faire découvrir, aux enfants, une oeuvre légendaire qui traverse les siècles sans vieillir.

 

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01/30/17

Montessori à la maison, c’est possible !

Comme nous le rappelle fort justement, dans un premier chapitre,  Gilles Diederichs, la pédagogie Montessori, c’est avant tout un état d’esprit, une attitude bienveillante. Pour appliquer cette pédagogie à la maison, pas de mode d’emploi tout fait : il s’agit de respecter le rythme et le caractère de l’enfant, de lui faire confiance, de lui laisser le choix, d’encourager l’autonomie et la prise d’initiative pour faciliter les apprentissages et la construction d’une identité propre.

Dans ce guide, Gilles Diederichs donne, de manière très accessible, les outils à tous les parents désireux de faire de son enfant le propre acteur de ses apprentissages.

Avant de proposer des activités faciles à réaliser à la maison -des activités qui restent du domaine du loisir !-, le sophrologue revient sur les fondamentaux, donne des conseils pour appliquer les règles de la pédagogie Montessori à la maison et présente des exercices de respiration adaptés à tous, permettant de s’approprier cet outil qui permet de ne pas se laisser dominer par son état mental ou émotionnel.

L’auteur s’adresse à nous de manière directe, simple et amicale.

Un recueil à garder tout près de soi !

Editions Larousse

 

 

 

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01/28/17

A lire et à faire lire !

Les nouvelles histoires des Jean-Quelque-Chose !

 



 

 

 

 

 

 

 

 

Quel bonheur de retrouver les aventures de cette famille nombreuse (six garçons !!!!) ; une mini société avec ses cris, ses rires et ses différents caractères qui s’affrontent ou se complètent. Emotion, conflits, entraide et jalousie, l’auteur croque avec beaucoup de justesse et d’à propos des scènes de vie courante qui prêtent à sourire (la première histoire est IRRESISTIBLE !). Frais et empreint d’une douceur nostalgique de la fin des années soixante, ce livre est un vrai condensé d’humour tendre et fait un bien foooooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuu !

A noter, les superbes illustrations de Dominique Corbasson. Quel trait ! Quelle élégance ! Ces dessins sont de vrais bijoux.

Nul besoin d’avoir lu les tomes précédents pour goûter à ces nouvelles histoires !

 

Gallimard Jeunesse

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01/26/17

A l’affiche de Montansier,

une pièce écrite par Marivaux, juste après la crise de John Law de 1720.

 

L’intrigue de la pièce n’est pas sans rappeler certaines comédies de Molière. Une comédie acide au ton corrosif.

L’Héritier de village met en scène un paysan, Blaise, qui hérite de façon inattendue d’une considérable somme d’argent. Au lieu d’en profiter, il décide, sur les conseils d’un banquier, de la placer. Riche, il adopte dès lors un nouveau comportement qui « sied à sa nouvelle position sociale ». Bien vite, la noblesse désargentée accourt, se proposant, pour recouvrer leur fortune, d’épouser fils et fille du nouveau riche. Juste avant les réjouissances, arrive une lettre annonçant que le banquier, chez lequel était placé l’héritage, s’est enfui avec l’argent. Aussitôt la noblesse de tirer sa révérence ; il n’est plus question de mariage… 

À la fois sobre et symbolique, la mise en scène de Sandrine ANGLADE permet au spectateur d’osciller entre passé et présent. Si le langage est celui du XVIIIème siècle, le décor, quant à lui, fait fortement référence au présent : amas de vêtements d’aujourd’hui, machine à laver… et, aux côtés des comédiens, deux musiciens, Arnaud Pilard et Romain Guerret, membres tous deux du groupe Aline. Munis de leurs guitares, ils ponctuent les scènes de morceaux métissant avec brio vieille chanson profane, chanson paysanne, et une modernité pop.

Le jeu des acteurs s’adapte bien à la farce de l’intrigue.

Fable sur l’argent-roi, cette pièce, rarement jouée et peu goûtée de son temps, est d’une évidente actualité !

 

 

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01/23/17

Un bon thriller pour les ados

Pour les amateurs d’enquêtes, voici un livre qui devrait leur plaire.

 

Synopsis :

1888, quartier Est de Londres. Depuis quelque temps, des meurtres sanglants et horribles touchent les femmes de petite vertu de Whitechapel. Une jeune femme, de bonne famille, en avance sur son temps, enquête au côté de son oncle, médecin légiste.

Audrey-Rose, personnage principal, est un modèle féministe dont le seul mot d’ordre est la liberté, celle de vivre comme elle l’entend, sans aucune oppression. Et c’est avec une certaine morgue qu’elle fait fi des identités de genres et des rôles sociaux. Une héroïne insolite et audacieuse dans cette Angleterre très conventionnelle du XIXème siècle. On appréciera le duo qu’elle forme avec Thomas, jeune apprenti médecin, au caractère pétulant -ce qui n’est pas sans créer quelques frictions…

Bien construite, la narration, écrite dans un style agréable, dépeint avec force réalisme le quotidien des quartiers pauvres, mais aussi la science médicolégale -autopsies au menu !

Efficace, l’intrigue ne se perd pas en détails. Les pistes se brouillent au point de renverser l’ordre initial : et si les gentils et les méchants n’étaient plus ceux que l’on croyait…

L’aventure s’apparente à une véritable quête initiatique pour Audrey-Rose à laquelle le lecteur s’identifie aisément.                                                                                          

Un roman policier imprégné d’un certain classicisme -loin d’être déplaisant-, qui rassemble de nombreux ingrédients pour passer un bon moment.

 

Editions Milan

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