Motus, mais pas bouche cousue !

Partons, aujourd’hui, à la découverte d’une maison d’édition qui mérite d’être connue.

François David, fondateur des éditions « møtus », a créé il y a 13 ans sa propre entreprise à Landemer, Urville-Nacqueville, dans le Cotentin. Il est à la fois auteur, éditeur et professeur de théâtre. Particulièrement sensible à la poésie, c’est d’abord ce genre littéraire qu’il privilégia avant de se consacrer exclusivement à la littérature pour la jeunesse. Il aime sortir des sentiers battus, surprendre, publier des « poèmes-affiches », proposer des « livres-objets » ou des livres « inclassables ». La part laissée à l’imaginaire dans les ouvrages édités est immense et sa production connaît un vrai succès.

Parmi les nombreux albums édités, en voici 2 qui représentent l’esprit  » møtus « .

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Ici, c’est la dune. « La grande dune, la dune à perte de vue » Les lapins, Touffu et Taffeta habitent là depuis toujours, heureux, entre sable et vent. Un jour, les hommes arrivent avec leurs maisons, leurs digues et la dune rétrécit.

« On s’habitue à tout. On s’empile, on s’entasse. »

Puis la ville arrive avec du bruit. Maintenant, Touffu et Taffeta ne savent plus très bien ce qu’ils font là.

Sur un texte au rythme d’une comptine, l’auteur évoque les méfaits d’un urbanisme forcené sur les côtes maritimes et les résultats qui s’ensuivent : la disparition de tout un environnement. Une dénonciation poétique grâce à la magie des mots.  Les illustrations de Brunella Baldi accompagnent le récit à merveille : dans une déclinaison délicate d’ocres et de bleu gris, sur un format à l’italienne, subtiles, elles rendent parfaitement bien la rupture de cet équilibre et de cette harmonie entre nature et cité, entre hommes et animaux.

 

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Sécheresse, inondation, cyclone, guerre, pauvreté. Les mères trompent la faim des enfants avec une soupe au caillou.

Un album où texte et illustrations, de concert, traduisent, avec la poésie de la pudeur, une réalité tragique, mais aussi l’espoir. L’auteur évoque avec des mots simples et concrets, sans pathos aucun, le thème grave de la famine dans le monde mais il dit aussi –et c’est la grande force du texte- tous les possibles. La créativité de l’illustrateur, qui donne vie à des cuillères de bois, à des grains de riz ou de blé, est véritablement au service du texte.

Pour chaque exemplaire vendu, 1 euro est reversé à l’OGN indienne Sharana  qui mène des projets liés à l’éducation des enfants et se consacre au développement de la culture de la spiruline

 

Des albums qui font réfléchir !

Le grand jeu du samedi : quel est le nom du Cabot qui est à l’honneur dans la collection Mouchoir de poche sur le site de l’éditeur?

Vous avez la solution ? Gagnez l’un des 2 albums chroniqués (au choix)

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2 thoughts on “Motus, mais pas bouche cousue !

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