Quand le cinéma fait réfléchir … enfin !

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Le nouveau film de Margarethe von Trotta est dans les salles depuis le 24 avril.

11 avril 1961, Adolf Eichmann comparaît à Jérusalem pour crime contre l’humanité : haut fonctionnaire nazi, il est accusé d’avoir organisé la déportation. La philosophe juive allemande Hannah Arendt, réfugiée aux Etats-Unis en 1941, couvre le procès pour « The New Yorker ». L’occasion pour elle de s’interroger sur la question du mal et de la culpabilité.

Ce long métrage, qui utilise quelques extraits des enregistrements au tribunal par Leo Hurwitz, évoque la figure d’Hannah Arendt, la passion qui la lia à Heidegger et aussi/surtout la violente controverse au sein de la communauté juive que suscitèrent ses propos : car la question générale qu’Hannah Arendt a soulevée, quand elle a couvert le procès Eichmann, porte sur le mal humain. Elle soutient qu’Eichmann est un homme qui a oublié qu’il pouvait penser et agir, un homme qui a oublié qu’il était un homme.

Hannah Arendt propose un éclairage différent à la culpabilité d’Eichmann ; un éclairage sur la notion de culpabilité.

Le côté suspense philosophique du film fonctionne bien, idéalement souligné par la froide partition de Barbara Sukowa. Actrice complète, elle montre sans ostentation l’étendue de son talent.

Le film tourne principalement entre trois décors : l’appartement d’Hannah Arendt, Jérusalem et l’université. Une unité de lieux volontairement restreinte qui nous oblige à plonger au cœur de la pensée de la philosophe et qui ne nous permet aucun moment d’égarement.

A la sortie, on hésite entre deux styles : fiction pure ou documentaire-fiction ? Tant il est vrai que l’intégration d’images d’archives du procès d’Adolf Eichmann renforce un sentiment de vérité.

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One thought on “Quand le cinéma fait réfléchir … enfin !

  1. Je partage avec vous la satisfaction d’avoir vu ce film. Il retrace essentiellement la période où cette philosophe politique couvre le procès d’Eichmann et nous captive car il nous plonge dans ce qui sera l’obsession d’Harendt :  » la banalité du mal  » qui permit le totalitarisme. La monstruosité du totalitarisme reside dans sa capacité à priver l’homme de penser, de volonté. Il soulève aussi la controverse que suscita ses déclarations sur la collaboration avec les nazis de certains chefs de conseils juifs.
    La parfaite prestation de Barbara Sukowa nous permet de ne pas décrocher un instant et de ressortir de la salle en se disant que nous avons passé un intense moment plongé dans la réflexion de cette « professeur de théorie politique ».
    1000 mercis pour toutes vos bonnes idées pour tous les âges !

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