L’eau et Versailles

Dans le cadre d’un projet classe – l’eau à Versailles -, j’ai choisi d’étudier avec mes élèves ce roman, premier tome de la série A l’école des pages du Roy-Soleil.

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Versailles, 1686. En quittant son Auvergne natale pour monter à Versailles, Jean de Courson, élève à l’école des pages, va se retrouver plongé au cœur des intrigues de la Cour : un mystérieux saboteur semble vouloir tout faire pour enrayer le mécanisme des fontaines. Chargé par le Grand Ecuyer de France de démasquer l’intrigant, le page, aidé par Prunelle – fille de fontainier -, va devoir faire face à de nombreux dangers pour déjouer ce complot.

Arthur Ténor emmène ses lecteurs dans les méandres des jardins du château de Versailles. L’enquête, fort bien menée, se fixe autour des fontaines, belle occasion de découvrir toutes ces personnes qui travaillaient à allumer et éteindre les jets et fontaines lors des promenades du Roi et de sa Cour ; et d’appréhender au mieux ce système d’acheminement de l’eau à Versailles depuis la machine de Marly jusqu’aux six cents jets d’eau des cinquante-cinq bassins.

L’auteur nous fait également suivre de près les us et coutumes de l’époque. Dans un luxe de détails et d’anecdotes, Arthur Ténor mêle habilement personnages historiques et personnages de fiction pour le plus grand plaisir du lecteur qui se cultive tout en suivant les aventures du jeune Jean.

En fin de recueil, quelques pages d’informations nous en disent plus sur les jardins du roi, véritable parc d’attractions, avec ménagerie, fêtes, spectacles et combats navals sur le grand canal…

Très précis et très documenté, le texte éclairera plus d’un lecteur sur le fonctionnement de Versailles à la fin du 17ème siècle.

Excellent support pour les élèves de cinquième qui étudient cette période.

Seuil jeunesse

Dès 10 ans

Pour poursuivre cette belle aventure, nous avons contacté l’auteur qui a accepté – pour notre plus grand plaisir – de répondre à nos questions. Nous l’en remercions vivement.

Voici l’interview d’Arthur Ténor par les élèves de 5ème 5.

Chers amis lecteurs,

 

J’ai bien reçu vos questions. Je me réjouis bien sûr que vous ayez apprécié mon roman sur la vie à Versailles au temps du Roy Soleil et vois que cela a aiguisé votre curiosité. Vos nombreuses questions appellent des réponses développées et le mieux serait certainement que l’on se voit. Ce pourrait être à l’occasion d’une de mes prochaines visites au château de Versailles. En attendant, comme une mise en bouche et parce qu’il me faudrait beaucoup de temps pour rassasier votre curiosité, j’ai sélectionné deux ou trois questions auxquelles j’apporte les réponses ci-dessous.

Bien amicalement à tous et à bientôt j’espère,

Arthur Ténor

Blog d’actualité : http://arthurtenor.canalblog.com
Bibliographie : http://bibliotenor.canalblog.com/

 

1. Avez-vous visité l’intégral des jardins de Versailles pour écrire ce livre ?

L’intégralité, certainement pas, mais comme tout le monde… enfin, beaucoup de monde du Monde, je connais Versailles et son somptueux parc. Ce qui m’a beaucoup aidé à me faire une idée des jardins à l’époque de leur splendeur, ce sont les films et les livres, bien sûr, mais aussi un jeu vidéo extra, créé par les Musées nationaux.

Et pourquoi choisir Versailles plutôt que le château de Fontainebleau ou celui de Valençay… Hum… Connaissez-vous un lieu plus somptueux de l’histoire de France ?

 

2. Vous me demandez aussi à quel âge m’est venu le goût de l’écriture…

Ce qui a toujours été en moi, c’est l’Imaginaire. Enfant, il me suffisait de regarder une étiquette de bouteille de limonade pour partir « de l’autre côté ». Pour alimenter ce goût immodéré de fantastique, j’avais deux copains aussi fondus que moi de voyages imaginaires. Ados, nous ne refaisions pas le monde dans les bistrots, nous faisions des Mondes ! Mon problème était mon faible niveau en français. Après le premier déclic (la rédaction effrénée d’un space-opéra à l’âge de 18 ans), les difficultés ont commencé pour moi, puisqu’il m’a bien fallu apprendre l’orthographe, la grammaire… et à développer un style.

Cela ne fait finalement pas si longtemps que je peux dire « Oui, l’écriture est en moi ! ». Parce que j’ai fini par y trouver beaucoup de plaisir. Mais je préfère encore dire que je suis explorateur de l’Imaginaire plutôt qu’écrivain. Mais bon, écrivain c’est bien aussi…

Quant à mon parcours scolaire… hum, que répondre ? Je vais vous révéler que j’ai eu une scolarité plutôt difficile, même carrément désastreuse. Et s’il y avait un métier que je n’aurais voulu exercer pour rien au monde, c’est bien celui d’écrivain. Oui, mais voilà, on ne choisit pas son destin… on l’accomplit, si on le veut bien et si on fait les efforts pour réussir. Dans mon cas, ce fut un chemin très pentu et semé d’embûches, mais heureusement, j’avais en moi la détermination.

3. Quels sont les éléments historiques et les fictifs ?

Tout ce qui est de l’ordre du décor, des personnages historiques et des faits et dates, nous sommes dans l’histoire vraie. Pour le reste, bien sûr, c’est de l’imaginaire.

 

4. Vous reconnaissez-vous dans l’un des personnages ? En quoi ?

Je me serai bien vu endosser la personnalité de Jean de Courçon. Cela ne vous étonnera sans doute pas. Après tout, c’est le personnage le plus intéressant pour le garçon un peu intrépide que j’étais (aujourd’hui, je me suis assagi).

 

5. Avez-vous fait beaucoup de recherches pour écrire ce roman ? Combien de temps, du coup, vous a-t-il fallu pour l’écrire ?

Pour écrire un roman historique, je rencontre toutes les difficultés classiques du créateur non-historien. La vraie qualité qu’il faut posséder pour se lancer dans de telles aventures inspirées du passé, c’est la rigueur, c’est-à-dire ne jamais être sûr de ses connaissances et se poser beaucoup de questions, tout le temps.

Quant au temps, justement… Ça dépend de bien des facteurs. Un petit livre de 48 pages pourra demander trois jours, quand une histoire pour un album en exigera sept. Un roman de 400 pages pourra demander six mois, ou quatre, suivant l’inspiration et ma disponibilité. Mais d’une manière générale, je respecte trois temps dans la création d’un roman : la réflexion, l’action (l’écriture) et la relecture. Chacun exige la même attention, donc la même durée ou peu s’en faut. Et bien sûr, quand il s’agit d’un roman historique, au temps de réflexion et d’écriture, il faut ajouter celui des recherches.

 

6. Avez-vous déjà été en manque d’inspiration ? Ce fameux problème de la feuille blanche ?

Mon problème est exactement inverse. J’ai trop d’idées. C’est donc choisir mon souci, pas la page blanche.

 

7. Quel est le roman préféré que vous avez écrit ?

Comment choisir entre tous ses enfants ? Certes, sur la  centaine de titres que j’ai publiée, certains ont une histoire particulière. Mon  premier « bébé », par exemple, qui m’a fait entrer dans le monde de l’édition  jeunesse (Le labyrinthe du chevalier de  Montbrisac, au Cerf)… ou alors, Il  s’appelait le Soldat Inconnu, en Folio Junior, mon premier roman de guerre  et le premier aussi où le héros meurt à la fin… mon premier grand format, Voyage extraordinaire au royaume des 7  Tours, chez Plon, fut une belle aventure aussi. Non, celui que je préfère,  c’est le prochain… Il me reste juste à l’écrire.

8. Comment vous est venu l’idée d’écrire ce roman ? 

Une consoeur et amie auteure, Anne-Marie Desplat-Duc a  imaginé une très belle série versaillaises, les Colombes du Roi-Soleil, ayant pour  cadre l’école de Saint-Cyr. Alors que sortaient les premiers tomes, je publiais  chez Gallimard Jeunesse, Guerre secrète à  Versailles. J’y racontais l’arrivée de Jean de Courçon à l’école des pages.  J’aurais pu créer la série, comme en écho à celle d’Anne-Marie, mais à l’époque,  je menais plusieurs projets de front (dont la série médiévale du Félin) Aussi, n’ai-je pas voulu me  lancer dans une série supplémentaire. C’est en 2010 que je me suis enfin décidé,  en imaginant les nouvelles aventures de mon page.

 

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