Lorenzaccio : une adaptation mi figue mi raisin

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas été totalement séduite par la mise en scène de Gérald Garutti qui transporte l’intrigue du chef d’œuvre romantique d’Alfred de Musset du 16ème siècle à nos jours.
Synopsis :27-Lorenzaccio
L’action se déroule à Florence en janvier 1537. Lorenzo de Médicis, jeune débauché cynique, pourvoit aux plaisirs de son cousin, le tyran de Florence, le duc Alexandre de Médicis. Peu à peu derrière le masque de l’homme corrompu apparaît un autre Lorenzo, bien différent du méprisé Lorenzaccio, puisqu’il aspire à assassiner le duc et ainsi à offrir aux Florentins la possibilité de reconquérir leur liberté.
Mettre en scène cette pièce était un défi énorme : 5 actes, plus de 80 personnages. Et je dois avouer que Gérald Garutti a fait preuve d’une grande inventivité. Le décor sobre, les jeux de voile sont pertinents, intelligents : plusieurs endroits sont représentés sur la même scène sans que ça ne déroute personne.
Mais le thème même de la pièce – une réflexion amère et cruelle sur la vanité de toute action humaine, transposition limpide des sentiments de l’auteur sur la révolution ratée de Juillet 1830 – est pesant. Certaines scènes étaient, à mon goût, trop outrancières.
Durant les violents règlements de compte, les rancœurs, les jalousies, et les frustrations accumulées au cours des ans explosent, les masques tombent, les invectives fusent, des coups s’échangent. Et ce déchainement de violence, cette mise à nu des petitesses et mesquineries de chacun, tant de noirceur peut nous faire ressentir comme un sentiment de malaise.
Le cachet du théâtre, le travail des décors, l’efficacité et l’énergie des comédiens, tout cela est en parfait accord pour nous faire oublier que le spectacle dure 2h45. Mais…
Un spectacle encore à l’affiche ce soir, au théâtre Montansier.
Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*