A l’affiche de Montansier,

une pièce écrite par Marivaux, juste après la crise de John Law de 1720.

 

L’intrigue de la pièce n’est pas sans rappeler certaines comédies de Molière. Une comédie acide au ton corrosif.

L’Héritier de village met en scène un paysan, Blaise, qui hérite de façon inattendue d’une considérable somme d’argent. Au lieu d’en profiter, il décide, sur les conseils d’un banquier, de la placer. Riche, il adopte dès lors un nouveau comportement qui “sied à sa nouvelle position sociale”. Bien vite, la noblesse désargentée accourt, se proposant, pour recouvrer leur fortune, d’épouser fils et fille du nouveau riche. Juste avant les réjouissances, arrive une lettre annonçant que le banquier, chez lequel était placé l’héritage, s’est enfui avec l’argent. Aussitôt la noblesse de tirer sa révérence ; il n’est plus question de mariage… 

À la fois sobre et symbolique, la mise en scène de Sandrine ANGLADE permet au spectateur d’osciller entre passé et présent. Si le langage est celui du XVIIIème siècle, le décor, quant à lui, fait fortement référence au présent : amas de vêtements d’aujourd’hui, machine à laver… et, aux côtés des comédiens, deux musiciens, Arnaud Pilard et Romain Guerret, membres tous deux du groupe Aline. Munis de leurs guitares, ils ponctuent les scènes de morceaux métissant avec brio vieille chanson profane, chanson paysanne, et une modernité pop.

Le jeu des acteurs s’adapte bien à la farce de l’intrigue.

Fable sur l’argent-roi, cette pièce, rarement jouée et peu goûtée de son temps, est d’une évidente actualité !

 

 

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