05/19/17

N’ai pas aimé

l’adaptation de Don Quichotte actuellement à l’affiche de Montansier.

Une adaptation qui mise tout sur les ressorts de la farce et ses caractéristiques grossières.

Ainsi, les personnages apparaissent-ils, par deux fois, sur scène, en slip (pas de frais de costumes, me direz-vous…).

Ainsi, voit-on Sancho déféquer (je vous rassure, il fait semblant, mais il fait bien semblant !!!!!).

Ainsi, le langage est-il souvent familier. Souvent, gratuitement, à mon avis.

Le positif  -car il y en a- : les deux personnages principaux jouent bien, ont une vraie présence ; la mise en scène n’est pas inintéressante.

En résumé : ne vous précipitez pas, encore moins avec de jeunes enfants, contrairement à ce qui est préconisé sur l’affiche « dès 11 ans »

En images :

05/5/17

Une sortie théâtre pour les 9-12 ans

Actuellement à l’affiche au théâtre Montansier.

Une jolie façon de découvrir un des plus vastes et des plus célèbres poèmes mythologiques de l’Antiquité : Les métamorphoses.

5 récits sont présentés :

–  La transformation d’Io

–  Comment Phaéton voulut transporter le soleil

–  Dryope et Lotis

– Athamas et Ina / Tisiphone et l’Hadés

–  Le déluge / Pyrrha et Deucalion

Sur scène, deux acteurs qui ont un charisme et une voix qui nous captivent, qui ont beaucoup de plaisir à jouer et c’est communicatif, notamment lorsqu’ils interpellent le public.

Un décor sobre aux quelques effets efficaces et intelligents.

Une mise en scène élégante.

A découvrir !

11/5/16

Envie d’une belle soirée théâtrale ?

Un rendez-vous incontournable

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dialogue

C’est à Montansier pour quelques représentations encore.

La présence et la justesse de jeu de tous les acteurs impressionnent.

La mise en scène donne toute sa puissance au très beau texte de Bernanos, avec de jolis passages musicaux et quelques intermèdes vidéos.

Durant deux heures trente, cette pièce, belle et touchante, ravit nos yeux et nos oreilles.

Une adaptation idéale pour découvrir ou faire découvrir un auteur trop peu étudié.

Sans conteste, un classique à ne pas manquer, cette saison !

Synopsis :

Dans Dialogues des Carmélites, Bernanos rapporte un fait historique  : l’exécution de 16 carmélites de Compiègne en juillet 1794.

L’action commence à la fin du XVIIIème siècle. Issue d’un milieu noble, la jeune Blanche de la Force est sans cesse tenaillée par la peur. Profondément croyante, et pour se sentir plus sécurisée, elle demande à son père de lui permettre de se faire religieuse et d’entrer au Carmel. Survient la Révolution. Les Carmélites sont menacées par le nouveau régime. Sur la demande de la sous prieure Mère Marie, elles doivent opter ou non pour le martyr. Blanche, qui se sent terrorisée à l’idée de mourir, s’enfuit et tente de rejoindre sa famille. Mère Marie vient la retrouver et parvient à la convaincre de respecter son vœu de martyr. Avec courage, Blanche, comme ses sœurs, monte à l’échafaud et meurt en toute sérénité.

Un très beau texte sur le renoncement, le sacrifice, la peur.

Les seize carmélites furent béatifiés par le pape Pie X, le 27 mai 1906.

 

Quelques passages :

« Le malheur (…) n’est pas d’être méprisée, mais seulement de se mépriser soi-même. »

« Qui s’aveugle volontairement sur le prochain sous prétexte de charité, ne fait souvent rien d’autre chose que de briser le miroir afin de ne pas se voir dedans. Car l’infirmité de notre nature veut que se soit d’abord en autrui que nous découvrions nos misères. »

« La simplicité de l’âme, nous consacrons notre vie à l’acquérir, ou à la retrouver si nous l’avons connue, car c’est un don de l’enfance qui le plus souvent ne survit pas à l’enfance… Une fois sortie de l’enfance, il faut très longtemps souffrir pour y rentrer, comme tout au bout de la nuit on retrouve une autre aurore. Suis-je redevenue une enfant ? »

05/23/16

Vu à Montansier, toujours à l’affiche à Paris

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Londres, Tony, un jeune aristocrate paresseux emménage dans une confortable maison de ville, il engage Barrett comme domestique. Ce dernier se révèle être un valet modèle, travailleur et intelligent. Une certaine complicité s’établit peu à peu mais rapidement les rôles s’inversent et le maître se retrouve l’esclave de son serviteur.

La distribution est excellente. Chaque personnage a du relief, une réelle profondeur. Le jeu des acteurs est juste. On les écoute, on les découvre avec bonheur.

On se laisse prendre par la singulière histoire de Tony, dont le destin bascule devant nos yeux.

L’opposition des personnalités fait naître des dialogues bien affûtés. Les propos donnent matière à réflexion.

Humour très british.

Beaucoup d’esprit.

La mise en scène donne toute sa puissance au texte de Robin MAUGHAM

Superbe !

Avec Maxime D’ABOVILLE – Roxane BRET – Xavier LAFITTE – Adrien MELIN – Alexie RIBES

Mise en scène Thierry HARCOURT

N.B : MAXIME D’ABOVILLE, Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé

 

04/20/16

Le drame conjugal d’Edward Albee revisité

Qui a peur de Virginia Woolf ?Qui-a-peur-de-virginia-woolf_slideshow

 

Sans en avoir prévenu George, son mari, Martha invite, à l’issue d’une soirée déjà bien arrosée, un jeune couple. L’alcool aidant, une scène de ménage éclate : George et Martha se déchirent. Pas de pitié, pas de pudeur. Les mots claquent. Dans cette atmosphère délétère, les jeunes mariés finissent par dévoiler, à leur tour, leurs petits secrets inavouables… 

Un huis clos grinçant, admirablement bien joué, qui dresse le portrait au vitriol de la petite bourgeoisie américaine et de ses hypocrisies sociales et conjugales.

Une joute oratoire qui nous scotche dans nos fauteuils, car c’est bien la langue qui est au centre de la pièce.

Amour mort, ambitions déçues, vanité … : le conflit nous est contemporain.

Une atmosphère lourde et suffocante qui nous étreint. Il arrive qu’on rie, mais c’est d’un rire amer.

La névrose et la folie ne sont pas loin, resserrées par un décor et une mise en scène, très dépouillés.

Une pièce d’une résonnance toute particulière qui n’est pas sans nous laisser de marbre !

 

Mise en scène Alain Françon

Avec Dominique Valadié, Wladimir Yordanoff, Pierre-François Garel et Julia Faure

Cinq nominations aux Molières 2016

 

 

N.B : une adaptation d’une pièce contemporaine, interprétée également au cinéma par Elizabeth Taylor et Richard Burton (à voir !)

 

 

04/11/16

Un texte fort. Un jeu d’exception.

5 h 50, le réveil de Simon sonne : il a rendez-vous avec ses amis surfeurs.

Plaisir assuré.

Départ en van.

Collision.

9 h  20, le Samu arrive sur les lieux de l’accident.

L’électro­encéphalogramme montre que Simon est mort ; son cœur, aidé par la machine, bat.

Les parents accepteront-ils de donner les organes de leur fils ?

Depuis 1959, ce n’est plus l’arrêt du cœur qui signe le décès.

(…)

À 5 h 50, le lendemain matin, à l’hôpital de la Pitié, le cœur de Claire  se remet à battre…

 

Je ne connaissais pas le livre de Maylis de Kerangal.

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Je n’avais pas pris le temps de me renseigner sur le thème de la pièce. Seule ma passion du théâtre devait me conduire à Montansier ce soir-là.

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Enorme gifle : un sujet qui fait réfléchir.

Un jeu de scène époustouflant qui prend aux tripes. Toutes les émotions des acteurs du drame sont mises en lumière : parents, urgentistes, chirurgien, infirmière, receveuse du coeur.

Une proximité s’installe. On suit leur cheminement vers l’acceptation de l’inacceptable. On suit les méandres protocolaires d’une transplantation d’organe.

Notre souffle devient court. Notre pouls s’accélère. Nos muscles se tendent.

 

Waouh !

 

 

 

 

02/3/16

Le sourire de Myriam Boyer

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C’est ce sourire empreint d’émotion, marque de la satisfaction d’un joli travail accompli, que je garderai en tête.

Myriam Boyer et ses jeunes acolytes ravis, heureux d’avoir régalé les spectateurs de Montansier, hier soir.

Synopsis :

Armés d’un gros bouquet de roses et d’un service en cristal, tout sourires, quatre élèves de Terminale sonnent chez Elena Sergueievna, leur professeur. Ils viennent lui souhaiter son anniversaire… Émue, Elena les invite à dîner. Mais peu à peu, on découvre qu’ils ne sont là que pour récupérer la clé du casier qui renferment leurs copies d’examen final, qu’ils veulent corriger eux-mêmes…

 Chère Elena Sergueievna  est la cinquième pièce de Ludmilla Razoumovskaïa, auteur née à Saint-Pétersbourg en 1949. Créée en 1981, la pièce rencontra un vif succès et fut interdite dès 1983 en raison de son caractère subversif, les autorités soviétiques y voyant une atteinte aux principes de la morale d’État en vigueur dans l’URSS de l’époque.

La pièce garde jusqu’au bout son mystère. Et dans la mise en scène inspirée qu’en donne Didier Long, ce mystère grince, surprend et saisit. Le texte nous interroge à chaque instant sur la nature intime des Hommes.

Nous sommes sans cesse en train de nous demander ce qu’il va arriver à ces personnages.

Les 5 acteurs sont totalement engagés dans cette pièce acide et fascinante qui semble s’adresser très directement à nos sociétés guidées par l’intérêt.

Ils interprètent leur partition avec force et conviction. Le flux des sentiments -colère, chagrin,indignation…- passe de l’un à l’autre.

Notons, d’ailleurs la nomination de François Deblock qui a reçu, en 2015, pour ce rôle, le Molière de la révélation masculine.

 Didier Long réussit un joli coup !

Pour connaître les dates et horaires des prochaines représentations, allez sur le site du théâtre Montansier.

 

 

01/28/16

Une création dont on va parler !

Bientôt en tournée, il faudra courir toutes affaires cessantes voir cette pièce.
LImpresario-de-Smyrne_àlaune

Synopsis :

Dans la flamboyante Venise du XVIIIème siècle, Goldoni nous raconte comment un riche Turc décide de s’improviser producteur pour créer à Smyrne le plus illustre opéra jamais monté. Tout le cercle du spectacle est en effervescence, de la diva jusqu’au librettiste, afin d’essayer de se faire engager…

Les personnages, aussi caricaturaux que farfelus, ont des caractères très marqués, avec des oppositions qui créent des situations explosives. Blessés et manipulateurs, les protagonistes, pleins d’étoffe, sont époustouflants.

Les dialogues, vifs, s’enchaînent sans heurt, valorisant des comédiens complices, habitant avec conviction des « partitions taillées sur mesure » 🙂

Couplés à une mise en scène toute en perspectives, les décors -sobres et élégants- apportent juste ce qu’il faut de dynamisme pour que notre attention soit au maximum.

Quant aux costumes… les petites filles en avaient plein les yeux !

L’Impresario de Smyrne est une pièce savoureuse qui nous fait sortir du théâtre avec un grand sourire satisfait.

Adaptation : Michael Stampe

Mise en scène : Christophe Lidon

Décors : Catherine Bluwal
Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian

Avec
Bernard Alane, Denis Berner, Adèle Bernier, Catherine Jacob, Bernard Malaka, Marianne Epin, Nicolas Vaude

01/7/16

C’est un énorme coup de coeur !

Un texte à la fois littéraire et théâtral, une scénographie originale et des comédiens qui nous accrochent : une pièce à voir en famille au théâtre Montansier.

 

DE GRANDES ESPERANCES

d’après Charles Dickens 

du 08/01/2016 au 10/01/2016

 

de grandes

 

La pièce est une réussite incontestable : un texte fort bien écrit, servi par une mise en scène efficace. A noter un astucieux jeu de décors projetés ou coulissants, qui permet de voyager à travers les lieux : le château, le cimetière, l’appartement… Ces inventions géniales s’adaptent parfaitement aux scènes qui se succèdent en continue de manière très rythmée.

Rien n’est laissé au hasard et le goût du détail est appréciable, jusque dans les costumes !

Et puis bien sûr, une interprétation au sommet ! Des acteurs F-A-B-U-L-E-U-X !

 

10/10/15

Bouquet, Palmade, Karsenti, Desarthe, ça vous tente ?

C’est sur Versailles.

Une distribution extraordinaire.

Une pièce décalée ; 100 % humour british ; so fun !

home

HOME : Dans un jardin, une arrière-cour, deux hommes parlent. Jack et Harry échangent de courtes phrases banales, très attentifs à ne rien dire de personnel, à ne rien laisser échapper qui ressemble à une confidence. Enfin, ils quittent leurs chaises que viennent occuper Kathleen et Marjorie, deux femmes sans âge. C’est alors que nous comprenons qui ils sont, ainsi que la nature du lieu où ils se trouvent : les pensionnaires d’un hôpital psychiatrique…

D’un bout à l’autre, ce quatuor se montre impeccable dans de savoureux exercices de style : Carole Bouquet en Anglaise délurée -perruque blonde et chewing-gum en bouche-, Pierre Palmade en gentleman vieillissant -méconnaissable !-, Karsenti en pleurnicharde au look extravagant -collants verdâtres et chaussettes dépareillées- et Gérard Desarthe en veste pied-de-poule et chaussettes/sandales.

Les dialogues sont truculents et donnent à réfléchir : une intéressante mise en abyme du théâtre qu’est la vie, où il fait bon savoir mentir et jouer la comédie, où la folie n’est jamais bien loin -exutoire salvateur, peut-être, d’un trop-plein de souffrances.

Les mots font mouche, implacables, jamais gratuits.

Ces 4 personnages forment -à eux quatre- une petite famille pleine d’histoires internes, petit miroir de notre société.

A l’appui des répliques, Gérard Desarthe, le metteur en scène, propose une suite de trouvailles visuelles à redoutable valeur symbolique : gestes compulsifs,  objets transitionnels, jeux de lumières…

Un théâtre allégorique, d’une étonnante acuité !

J’aime !

Avec Carole Bouquet, Pierre Palmade, Gérard Desarthe, Valérie Karsenti et Vincent Deniard