04/17/15

Flore Lefebvre des Noëttes, j’aime à la folie !

Flore Lefebvre des Noëttes, dont le nom indique pour partie le milieu familial dans lequel elle a grandi, est seule en scène pour interpréter un texte dont elle est l’auteur. Tour à tour drôle, émouvant, sombre et cynique, ce monologue où elle convoque sa famille, son enfance et la France d’autrefois est une belle prouesse théâtrale et littéraire à portée universelle.
Histoire singulière d’une famille nombreuse, dirigée d’une main de fer par la Mate (la mère) et sous l’ombre tantôt angoissante, tantôt comique du Pater (le père), un militaire absent et dépressif.

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J’ai eu la bonne idée, hier soir, d’assister, au théâtre Montansier, à cette représentation.

Cette actrice complète, attendrissante et drôle, nous entraîne dans son quotidien avec ses coups de cœur et ses coups de gueule, sa famille, ses amis, ses rêves, ses voisins, ses peurs, ses émotions et ses émerveillements. Elle arrive, à elle seule, à donner du rythme et de la cadence à ce rôle de petite fille puis d’adolescente. Son expression corporelle, son sens du mime et du parler vrai opèrent. Flore Lefebvre des Noëttes a su trouver un juste équilibre entre poésie, humour et critique sociale.

Le plus : les chansons ponctuant les saynètes ; des chansons qui ont bercé notre enfance, celle des quadra en tout cas ! Des airs que l’on fredonne avec l’actrice, une vraie madeleine proustienne que l’on goûte et l’on savoure.

Un one woman show extraordinaire qui vous garantit une détente absolue où le rire se mêle à l’émotion.

 

 

Par et avec Flore Lefebvre des Noëttes
Direction d’acteur : Anne Le Guernec
Regard scénographique : Valérie Jung
Création lumière : Laurent Schneegans
Costume : Laurianne Scimemi
Production : En Votre Compagnie
Coproduction : Comédie de Picardie

03/16/15

Un dimanche pas comme les autres

Il y a des jours, comme ça, qui sont à marquer d’une pierre blanche, des jours qu’on n’a pas envie de voir s’achever…

Et heureusement !

Grâce à Parenthèse Cinéma et au Cercle Gallimard de l’enseignement, j’ai eu le privilège d’assister à l’avant-première de Suite française, l’adaptation cinématographique du roman d’Irène Némirovsky signée Saul Dibbqui. Un film dans les salles le 1er avril.

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Synopsis :

Eté 1940 – France
Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’oeil inquisiteur de sa belle-mère.
L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier…

Un goût mêlant émotions et réflexions s’empare de nous lorsque l’on sort de la projection.

Suite française, c’est une heure et quarante-sept minutes qui nous plongent dans un autre monde. Celle d’une histoire d’amour qui nous est avant tout contée  autour des allées et venues de Lucie et Bruno. Leur environnement est le meilleur miroir de leur personnalité. C’est en partie à travers lui qu’ils vivent, survivent, s’aiment et se séparent.

Le film alterne entre douceur, tension et lenteur énigmatique de personnages dont nous ne savons presque rien et qui se révèlent peu à peu.

L’adaptation est très fidèle au récit, un roman poignant et plein d’une acuité bouleversante.

Du reste, tous les livres d’Irène Némirovsky sont de vrais bijoux !

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N.B : la force de ce film réside aussi dans ses acteurs, un vrai bon choix de casting !

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Deuxième moment intense – un énorme merci à Mme Sylvie H !

Cendrillon à l’Opéra Royal

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La musique composée par Sergueï Prokofiev accompagne brillamment le ballet : elle lui donne un souffle puissant et dynamique. L’habileté avec laquelle les danseurs composent les différents tableaux, dans un enchaînement chorégraphique savamment orchestré, est impressionnante. La magie opère tout au long du spectacle, en particulier pendant les  scènes du carrosse et du bal !

Cette mise en scène, dans ce cadre enchanteur, offre tous les plaisirs d’une soirée à grand spectacle.

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 Et pour les petites lectrices qui n’ont pas la chance d’aller à l’Opéra, ce recueil paru aux éditions Usborne.

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Fidèle adaptation du conte de Charles Perrault intitulé Cendrillon ou La petite pantoufle de verre,  cet album offre un texte assez court,  rendu accessible grâce à un vocabulaire courant et un ton enlevé. Les  adorables illustrations de Lorena Alvarez s’adaptent parfaitement au récit et permettent au lecteur de s’évader dans le monde merveilleux de ce conte, en profitant de chaque étape de l’histoire que petits et grands auront plaisir à (re)découvrir.

03/13/15

L’Avare, grinçante comédie

En ce moment,  se joue, au théâtre Montansier, L’Avare ; une des pièces les plus emblématiques du répertoire classique, mise en scène par Jean-Louis Martinelli -un défi artistique passionnant pour celui qui veut éviter l’écueil du « déjà vu ».

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Distribution ô combien séduisante, superbe décor en mouvement et épuré, mise en scène rythmée… cette relecture -qui prend le parti de transposer la pièce de Molière dans une époque moderne- a tout pour plaire.

Dans une scénographie qui oscille entre chutes et espoirs, les acteurs tiennent l’équilibre entre drôlerie et cynisme, dessinant les contours de leurs personnages pour donner à voir toutes les facettes de leur intériorité. A ce jeu-là, ils excellent tous, et notamment Jacques Weber qui, de sa voix charnue et roulante, donne à l’odieux Harpagon une troublante humanité.

La gravité, participant subtilement, en ombres portées, à dessiner les à-pics des travers humains, est maintenue à distance.

Montrer la complexité des relations et provoquer le questionnement, n’est-ce pas là tout l’art du théâtre et le génie de cette pièce ?

Avec : Jacques Weber , Alban Guyon, Marion Harlez Citti, Rémi Bichet, Nathalie Schmidt, Jacques Verzier, Sophie Rodrigues, Vincent Debost, Aziz Kabouche, Paul Minthe

02/11/15

Lorenzaccio : une adaptation mi figue mi raisin

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas été totalement séduite par la mise en scène de Gérald Garutti qui transporte l’intrigue du chef d’œuvre romantique d’Alfred de Musset du 16ème siècle à nos jours.
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L’action se déroule à Florence en janvier 1537. Lorenzo de Médicis, jeune débauché cynique, pourvoit aux plaisirs de son cousin, le tyran de Florence, le duc Alexandre de Médicis. Peu à peu derrière le masque de l’homme corrompu apparaît un autre Lorenzo, bien différent du méprisé Lorenzaccio, puisqu’il aspire à assassiner le duc et ainsi à offrir aux Florentins la possibilité de reconquérir leur liberté.
Mettre en scène cette pièce était un défi énorme : 5 actes, plus de 80 personnages. Et je dois avouer que Gérald Garutti a fait preuve d’une grande inventivité. Le décor sobre, les jeux de voile sont pertinents, intelligents : plusieurs endroits sont représentés sur la même scène sans que ça ne déroute personne.
Mais le thème même de la pièce – une réflexion amère et cruelle sur la vanité de toute action humaine, transposition limpide des sentiments de l’auteur sur la révolution ratée de Juillet 1830 – est pesant. Certaines scènes étaient, à mon goût, trop outrancières.
Durant les violents règlements de compte, les rancœurs, les jalousies, et les frustrations accumulées au cours des ans explosent, les masques tombent, les invectives fusent, des coups s’échangent. Et ce déchainement de violence, cette mise à nu des petitesses et mesquineries de chacun, tant de noirceur peut nous faire ressentir comme un sentiment de malaise.
Le cachet du théâtre, le travail des décors, l’efficacité et l’énergie des comédiens, tout cela est en parfait accord pour nous faire oublier que le spectacle dure 2h45. Mais…
Un spectacle encore à l’affiche ce soir, au théâtre Montansier.
01/18/15

La magie du théâtre avec cette formidable résurrection d’un texte culte

Une tornade de rires et de petits frissons se sont abattus à plusieurs reprises dans le théâtre Montansier, qui décidément, saison après saison, a l’art de bien choisir ses pièces.

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Quatre petites filles, Camille, Madeleine, Marguerite et Sophie. Les deux premières sont des enfants curieuses, bien élevées, bienveillantes, la troisième est plus inattendue et la dernière une spécialiste des bêtises. Les catastrophes provoquées par Sophie remettent en question les certitudes des Petites filles modèles, les conduisent à réfléchir sur les bonnes et mauvaises intentions, sur la nature du bien et du mal.

Pleine de charme, d’élégance et d’un vrai fond, la partition distille une allégresse communicative, ponctuée d’éclats de rire et de moments d’émotion.

Le texte fort, pudique et sensible de la Comtesse de Ségur est serti de répliques irrésistibles.

La mise en scène sait doser ses effets, les décors sont malins et les acteurs tous attachants -sauf la marâtre, dont on a peur et se moque, par moments, avec délectation. Car les différents acteurs incarnent, au vrai sens du terme, leurs personnages.

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Yveline Hamon est désarmante de classe et en impose avec sa voix.

Les inénarrables Lucile Chevalier, Myriam Doumenq, Louise Grinberg et Maika Louakairim prêtent leur exubérance, leur côté espiègle et mutin, leur sensibilité, aux fillettes.

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Augustin Passard, vif et sincère, possède une réelle présence.

Maroussia Henrich est d’une justesse parfaite.

Une heure et demie de bonne humeur contagieuse, de refrains qui restent dans la tête, portés par une troupe survoltée qui danse à merveille !

Du très grand art, simple, accessible et très drôle.

Un spectacle à offrir à vos enfants !

Un ENORME merci à Clémence de Sarazignac, dont l’accueil chaleureux et la grande disponibilité nous ont préparés à ce beau voyage dans le temps.

Vive le théâtre !

Continuons à résister à la peur et à la pression !  

 

 

03/5/14

Une pièce délicieusement drôle !

 En 2011, à l’occasion du centenaire de Théophile Gautier, le metteur en scène Jean-Claude Penchenat a découvert un texte inédit qu’il a bien fait de ressortir de l’oubli.

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Le cheval de la Reine d’Espagne s’est emballé. Il faut la sauver. Mais tout homme qui touche à la Reine est puni de mort. Dona Beatrix, sa suivante, a promis sa main au sauveur. Deux hommes se présentent : Don Melchior, imposteur qui veut la main de Dona Beatrix par intérêt et Don Gaspard, le véritable sauveur, sincèrement amoureux de la dite Beatrix. Qui trouvera place dans le cœur de la belle ?

D’emblée le spectacle annonce la couleur locale avec capes noires, dentelles rouges, chapeaux noirs, éventails et mantilles.

Grâce à sa mise en scène, qui mêle raffinement, burlesque et entraîne les acteurs dans un rythme endiablé, Jean-Claude Penchenat révèle l’humour et la fantaisie étonnamment contemporains de cette comédie de cape et d’épée jamais jouée depuis sa création.

Le texte, plein d’humour, est servi par une troupe de 7 comédiens tous excellents.

La drôlerie et le ton décalé doivent beaucoup au personnage de Désiré Reniflard : en scène de bout en bout, tantôt souffleur, régisseur, figurant, accessoiriste ou bruiteur, il symbolise à la fois l’auteur, le coryphée et le metteur en scène.

Dans cette pièce, le burlesque surenchérit sur le rocambolesque et sur l’extravagant.

 

Une vraie déclaration d’amour au théâtre qu’il faut voir !

Les comédiens : Samuel Bonnafil, Sarah Bensoussan/Judith Margolin, Flore Gandiol, Jeanne Gogny, Paul Marchadier, Alexis Perret, Damien Roussineau

Durée : 1h25

12/22/13

Un vaudeville fort bien joué, ma foi

Une ‘tite envie de sortir ?

Des situations burlesques et improbables, des révélations fracassantes, des arrivées inopinées, des personnages hauts en couleur, drôles malgré eux et la finesse des bons mots de Feydeau font de ce vaudeville une pièce piquante et originale. Des rôles impeccablement incarnés, toujours justes. Une salle intimiste comme je les aime. Bref, je recommande !

mais ne te promene donc pas toute nue (le guichet montparnasse) - le guichet montparnasse
Descriptif :
De l’importance d’un bon mariage pour réussir en politique, ou quand une épouse par trop désinvolte met en péril l’ambition de son cher époux! Ça ne vous rappelle rien?… Au travers de discussions houleuses entre époux désaccordés, Feydeau met au point, avec la précision d’un horloger, une comédie grinçante sur le couple, la bienséance, les préjugés et l’ambition politique.

 

Adresse :
LE GUICHET MONTPARNASSE
15, rue du Maine

75015 Paris