03/18/19

Molière comme si vous y étiez !

Aujourd’hui, nous sommes le 18 mars.

Nous fêtons les Cyril.

 

 

Que s’est-il passé un 18 en France ?

– 1871, début de la Commune à Paris

– 1842, naissance de Mallarme

– 1962, signature des Accords d’Evian

 

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Je vous présente un coup de coeur édité par L’école des loisirs.

 Sylvie Dodeller dresse ici le portrait vivant et détaillé de la vie de Molière. Une biographie découpée en actes -comme au théâtre !- qui se lit comme un roman d’aventure.

Rédigée dans un style agréable et très vivant grâce aux nombreuses interventions de l’auteur, ce récit offre en outre un tableau intéressant de la France du XVIIème siècle: tableau littéraire et historique où se croisent des Grands de ce monde.

Quelques reproductions de tableaux ou gravures illustrent l’ouvrage : des portraits de Molière ou de la famille Béjart, des vues de Paris, …

Voici donc un livre à mettre d’urgence entre les mains des collégiens qui découvrent Molière, pour les aider à mieux connaître le comédien-dramaturge.

 

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” Vivre sans aimer n’est pas proprement vivre.”, Molière

01/21/17

Comme c’est fâcheux !

En ce moment, à l’affiche de Montansier, une pièce peu connue de Molière -alors même que ce fut l’une des pièces de Molière les plus souvent jouées de son vivant par sa troupe- : Les Fâcheux.

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Commandée par Fouquet pour les festivités somptueuses de Vaux-le-Vicomte qui lui vaudront sa disgrâce, c’est une œuvre légère dans sa forme comme dans son propos. En effet, le canevas narratif de cette comédie est d’une grande simplicité : un jeune galant, à la recherche de l’élue de son cœur, s’en voit empêché par une série de rencontres importunes avec des Fâcheux qui l’accablent de leur bavardage. Il en découle un comique de situation, mais aussi un subtil comique de mœurs et de caractère et, surtout une galerie de portraits savoureux, finement croqués et raillés par l’auteur.

Bref, sur le papier, tout est beau SAUF que la mise en scène d’Hélène Babu ne m’a pas vraiment convaincue. Adieu donc la comédie-ballet, oubliés musiques et pas de deux ; bonjour la caricature poussée plus d’une fois à l’extrême. Que les metteurs en scène cessent donc de croire qu’ils n’ont d’autres choix, pour nous faire rire, que d’ adopter des postures lascives et triviales. Les bons mots, les fines réparties nous amusent tout simplement. La seule vraie originalité apparaît tout à la fin de la pièce (chuuuuuuuuuuuuut !)

Heureusement, les acteurs ont beaucoup de talent. Deux d’entre eux tirent franchement leur épingle du jeu : Arnaud Simon et Thibault de Montalembert que l’on ne présente plus.

C’est un spectacle qui se voit mais dont on ne garde pas un grand souvenir.

03/13/15

L’Avare, grinçante comédie

En ce moment,  se joue, au théâtre Montansier, L’Avare ; une des pièces les plus emblématiques du répertoire classique, mise en scène par Jean-Louis Martinelli -un défi artistique passionnant pour celui qui veut éviter l’écueil du “déjà vu”.

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Distribution ô combien séduisante, superbe décor en mouvement et épuré, mise en scène rythmée… cette relecture -qui prend le parti de transposer la pièce de Molière dans une époque moderne- a tout pour plaire.

Dans une scénographie qui oscille entre chutes et espoirs, les acteurs tiennent l’équilibre entre drôlerie et cynisme, dessinant les contours de leurs personnages pour donner à voir toutes les facettes de leur intériorité. A ce jeu-là, ils excellent tous, et notamment Jacques Weber qui, de sa voix charnue et roulante, donne à l’odieux Harpagon une troublante humanité.

La gravité, participant subtilement, en ombres portées, à dessiner les à-pics des travers humains, est maintenue à distance.

Montrer la complexité des relations et provoquer le questionnement, n’est-ce pas là tout l’art du théâtre et le génie de cette pièce ?

Avec : Jacques Weber , Alban Guyon, Marion Harlez Citti, Rémi Bichet, Nathalie Schmidt, Jacques Verzier, Sophie Rodrigues, Vincent Debost, Aziz Kabouche, Paul Minthe

01/11/15

Une heure et demie où l’on a son content de théâtre

Faute de pouvoir m’y rendre avec ma classe -plan Vigipirate oblige-, c’est en famille que nous nous sommes donc rendus, hier soir, au théâtre Montansier, voir Le Misanthrope. Et bien nous en a pris !

Je remercie, tout d’abord, l’accueil de Madame Geneviève Dichamp – directrice du théâtre -, qui a pris notre petite Blanche sous son aile pour lui expliquer ce qu’elle allait voir -chose que je n’avais pas faite !

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La mise en scène de Michel Fau révèle une remarquable intelligence du texte et une éblouissante direction d’acteurs. Le spectacle est inondé de fraîcheur, de vivacité et de jeunesse. Les comédiens de la troupe -authentiques acteurs- font de ce chef-d’œuvre une sorte de symphonie dont les aigus et les graves s’harmonisent avec une grande délicatesse, épousant au plus près les subtils mouvements de l’amour que dessine la comédie, sans négliger le contexte social dans lequel la pièce s’inscrit.

La tonalité est d’une justesse parfaite, d’une beauté grisante : une langue fluide et vive, une langue pour la simplicité et pour le sublime, une langue concrète et lestée de mille et une significations secrètes.

Un spectacle enchanteur dans un décor époustouflant.

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Un grand bravo à ces artistes -Julie Depardieu, Michel Fau, Edith Scob, Jean-Pierre Lorit, Jean- Paul Muel, Laure-Lucile Simon, Roland Menou, Frédéric le Sacripan- qui ont divinement joué, nous faisant oublier, le temps d’une soirée, les tragiques événements qui ont secoué notre société. Une manière de dire NON à la peur qui pourrait être la nôtre ; une manière de crier que la vie est aussi RESISTANCE !

09/22/14

Aux côtés de Molière

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Paris, XVIIe siècle. Jean-Armand de Mauvillain se rend de toute urgence chez son ami Molière qui l’a fait appeler au chevet de son enfant malade. Le comédien est désespéré : il a déjà subi le dédain et les mauvais conseils du grand Daquin, l’un des médecins du roi Louis XIV. Malgré toute la science de Mauvillain, l’enfant meurt. Dès lors, à travers ses pièces, Molière n’a de cesse de dénoncer le charlatanisme de Daquin et de certains de ses éminents confrères…

Ecrit dans un style aussi accessible qu’agréable, ce récit est une belle entrée dans la vie de Molière et plus particulièrement dans ces deux années riches en événements que furent celles de 1664-1665. C’est en effet à cette époque que sa troupe devient Troupe du Roy et qu’il écrit des pièces essentielles comme Le Tartuffe, Dom Juan… Ce roman fictif dont le narrateur, Armand-Jean de Mauvillain fut vraiment un ami de Molière, offre un tableau intéressant de la France du XVIIème siècle : tableau littéraire, artistique et historique où se croisent Boileau, Racine, Lully… et, bien sûr, Louis XIV. Les anecdotes fourmillent révélant les nombreux combats de l’homme et Dieu sait s’il y en eut !

Une lecture captivante !

135 pages

Editions Nathan

03/29/13

Quand le ridicule ne tue pas, il enchante !

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Les héroïnes de cette comédie en un acte, Cathos et Magdelon, n’ont d’autre souci que celui d’être à la mode, de côtoyer les salons littéraires, et de se défaire d’une condition bourgeoise vulgaire, afin de s’élever au niveau des “beaux esprits”, au point d’en devenir ridicules. Pour cette raison, elles ont d’ailleurs éconduit sèchement des prétendants trop ordinaires. Blessés dans leur amour propre, les amants déchus vont se venger par l’entremise de leurs impertinents valets…

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Le plus difficile, quand on s’attaque à une pièce de Molière, est sans doute de donner, à un texte vu et revu, un nouveau souffle.

Pari réussi pour Jean-Daniel Laval et la Compagnie de la Reine !

Une scénographie pertinente, une énergie des acteurs exceptionnelle et un humour dévastateur, autant d’ingrédients qui donnent vie et élan à cette pièce.

Les différentes interprétations honorent l’esprit corrosif du texte.

Les précieuses se donnent en spectacle pour notre plus grand plaisir ; Mascarille est époustouflant dans son rôle de manipulateur (quelle présence sur scène) !

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Le regard ironique que Molière pose sur les salons mondains trouve des échos saisissants.

Un spectacle jubilatoire !

Au théâtre Montansier-Versailles

02/15/13

D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux.

 

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Créée pour la première fois en octobre 1670, la comédie-ballet LE BOURGEOIS GENTILHOMME de Molière, Lully et Beauchamp mise en scène par Jean-Daniel Laval est un spectacle éblouissant à ne pas manquer !

Qui ne connaît pas l’histoire de Monsieur Jourdain, ce bourgeois vaniteux, naïf et capricieux, aspirant à devenir gentilhomme ? « Par ma foi ! Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela.»

Ils sont une vingtaine à arpenter les planches, et pour l’occasion Jean-Daniel Laval s’est affublé de la monumentale robe de chambre à l’Indienne de cet éternel bourgeois

Les costumes sont un adroit mélange de classique et de contemporain (la marinière du maître tailleur n’est pas sans rappeler un célèbre couturier…)

La pièce résonne d’une éloquente actualité dans cette mise en scène sans pitié pour la médiocrité du célèbre parvenu, dupé par les siens, enferré dans son orgueil démesuré.

Le décor étant dépouillé, l’attention est concentrée sur le jeu des acteurs.

Tous, dans ce spectacle très enlevé, apportent un souffle de jeunesse à cette comédie donnée sur le ton de la farce.

Un spectacle total, mêlant Poésie, Comédie, Musique, Chant et Danse.

Plus de deux heures de bonne humeur à consommer sans modération !

Jusqu’au 23 février, au théâtre Montansier.

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01/30/13

Un grand moment de cinéma sous la bienveillance de Molière.

Alceste-a-Bicyclette_portrait_w193h257Peut-être est-ce parce que l’hiver dure toujours trop longtemps à mon goût et que la froideur de cette saison semble tout assécher, que j’ai envie de beau, de vrai, de sincère.
C’est donc dans la douce chaleur d’une salle de cinéma que je me suis offert un moment ô combien régénérant.
«Alceste à bicyclette».
 Il incombait à Luchini et à Wilson une lourde tâche : me sortir de cette torpeur hivernale.
Foin de théâtralité, d’un certain nombrilisme bourgeois ! Qu’ils se débrouillent, je voulais m’évader, m’émerveiller, aimer.

Synopsis :

Au sommet de sa carrière d’acteur, Serge Tanneur, las et fatigué d’un métier où tout le monde trahit tout le monde, s’est retiré. Il vit en ermite dans une maison délabrée sur l’Île de Ré. Trois ans plus tard, Gauthier Valence, un acteur de télévision au sommet de sa gloire, abonné aux rôles de héros au grand coeur, débarque sur l’île. Il vient retrouver Serge pour lui proposer de jouer «Le Misanthrope» de Molière. Serge n’est-il pas devenu une pure incarnation du personnage d’Alceste ?…
Le scénario de ce film offre aux deux acteurs –dont on connaît l’amour pour la langue française- des dialogues brillants dont ils se régalent, parfois jusqu’à l’ivresse. Les mots crépitent comme des feux d’artifice, leur jubilation est contagieuse. En toile de fond, une douce réflexion sur le métier d’acteur, l’amour et l’hypocrisie des hommes.

Une comédie fine et élégante, pleine d’esprit et de bons mots. Tout ce dont j’avais besoin !