06/1/17

D’une grande délicatesse

 

Chacune des nouvelles traite un thème précis (l’écologie/le handicap/le divorce) et raconte avec finesse une histoire dont la chute en est souvent le point d’orgue.

Les mots de chacune de ces nouvelles sont percutants, les descriptions efficaces.

Des textes courts, incisifs, parfois poétiques, souvent optimistes et réalistes.

Faciles d’accès et de lecture, ces récits qui sonnent juste, sans jamais tomber dans le pathos, font preuve d’une grande sensibilité et sauront provoquer des discussions sur des sujets parfois difficiles.

 

Editions Le Calicot

05/14/14

Réjouissant !

Évidemment, Sylvain Tesson j’adore, alors quand son dernier recueil de nouvelles est sorti je me le suis offert et je me suis régalée.
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Dans S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson se livre et finalement bien plus que Dans les forêts de Sibérie. Au fil des 19 nouvelles, dont on sent que certaines sont presque autobiographiques, on communie avec chacun des personnages, qu’il soit sniper, amant, ermite russe, exilé nigérien ou alpiniste.
Avec un art de la chute particulièrement consommé, Tesson nous embarque dans sa vision du monde faite de pessimisme exalté et de pofigisme.
« Pofigisme » n’a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l’absurdité du monde et à l’imprévisibilité des évènements. Le pofigisme est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme, écrasés par l’inéluctabilité des choses, ne comprennent pas qu’on s’agite dans l’existence. Pour eux, lutter à la manière des moucherons piégés dans une toile d’argiope est une erreur, pire, le signe de la vulgarité. Ils accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l’élan. Ils s’abandonnent à vivre. »
Tesson dut être ou sera, dans une autre vie, russe. Il en a la poésie, l’exaltation, la folie.
Du microcosme intellectuel parisien aux profondeurs de la Taïga russe, en passant par les steppes de l’Asie centrale, on voyage au gré de ces aventures humaines, anodines parfois, mais qui ne laissent jamais indifférents .
Il y a de la force, de l’ironie, de la dérision mais aussi et surtout beaucoup de sagesse dans ce recueil.
Ce géographe, voyageur- écrivain, dont on sait qu’il a une passion pour les monuments de Paris qu’il a du tous escalader, est un érudit un peu fou qui nous donne envie de lire ou relire Gary, Junger, David-Néel ou encore Dostoïevski.
Vous saurez aussi pourquoi j’interdis désormais à mon mari de faire le Paris-Versailles.
Une plume brillante décidément ce Tesson !
Marie
04/8/13

Lire pour mieux voir…

 

 

9782013232876FS

 

Alternant ton grave et léger, humour et sagesse, les 10 nouvelles, écrites par les trois auteurs, sont variées.

Courts et incisifs, ces textes sont réalistes, parfois poétiques, souvent optimistes.

Tous portent un regard aiguisé sur des événements qui ne sont pas sans résonner avec notre quotidien propre ou celui de notre entourage : en donnant la parole à la jeune Elsa, Delphine de Vigan évoque ce qu’il y a d’humain dans l’ expérience de la séparation ; à travers Vincent, Caroline Vermalle explore les relations de paternité et les ressources infinies de l’amour d’un père ; quant à Timothée de Fombelle, au travers de son écriture intimiste, il nous invite à poser un regard compréhensif, empli de compassion, sur nos semblables.

De nombreux autres thèmes sont abordés avec une infinie justesse, donnant une saveur particulière à ce recueil qui permet de nourrir une réflexion sur notre société et notre relation au monde.

Des récits pertinents qui se lisent avec plaisir et qui ne peuvent qu’inciter à approfondir sa connaissance sur ces trois auteurs prolifiques.

Un excellent support à exploiter au collège : travail sur les points de vue, la modalisation, le récit enchâssé…