11/23/17

Un personnage bien ambivalent !

Comment je suis devenu Malcom X

Ce roman, co-écrit par l’une de ses filles, destiné aux adolescents, retrace bien le parcours chaotique que connut, dans sa jeunesse, Malcom X.

Car il s’agit bien, ici, du récit du début de sa vie. Le roman s’achève en 1948, alors que, emprisonné pour vol, Malcom X va se convertir en découvrant qu’il appartient à « Allah ».

La force de ces lignes est bien de nous montrer comment cet homme, qui s’était perdu dans les trafics divers, dans la déchéance, va renaître en s’affranchissant des séquelles de son passé.

Si quelques figures mineures ont été inventées, si d’autres ont été volontairement laissées de côté par souci de simplification, la plupart des personnages du récit ont existé et ont cheminé au côté de Malcom X.

Sont parfaitement décrites la ségrégation qui régnait alors aux USA, mais aussi l’émancipation sociale que représentait la musique pour les Noirs.

Certains personnages sont terriblement émouvants à l’instar de la mère de Malcom X qui s’est longtemps battue pour garder, malgré sa pauvreté, ses enfants auprès d’elle, qui leur a inculqué l’amour, la patience, la sagesse.

Un roman que j’ai lu avec intérêt jusqu’aux dernières pages.

Je ne vous cache pas avoir ressenti une certaine gêne quand est évoquée sa conversion ; une conversion qui, on le sent, ne se fait pas uniquement par amour pour Allah, mais qui est motivée par une envie de revanche. Cette conversion signe le début d’un combat. Le combat de toute une vie. Un combat non dénué de haine.

Editions Bayard

 

 

 

09/2/15

Un récit de vie à découvrir

Il ne sortira que le 23 septembre prochain, mais je ne résiste pas à l’envie de vous le présenter dès maintenant.

bluebird

 

Tout se dont Minnie se souvient, c’est elle assise aux pieds des étendoirs, écoutant chanter sa mère derrière les grands draps blancs qu’elle accrochait dehors pour qu’ils sèchent au vent chaud. Pour cette petite fille, c’était sa voix qui faisait gonfler les draps. A la mort de sa femme, le père de Minnie décide de quitter la plantation pour suivre le fleuve et « vivre sous les étoiles », n’emportant pour tout bien qu’une guitare et un petit harmonica. D’ouvrier, il devient un « songster » -un musicien itinérant- et initie ainsi Minnie au blues. Chemin faisant, ils atteignent et s’installent dans une plantation. La jeune fille de 13 ans y rencontre Elwyn, fils d’émigrés irlandais, lui-même musicien. Née alors entre ces deux adolescents de 13 ans une tendre complicité. Mais un jour, leur vie bascule : des hommes du Ku Klux Klan mettent le feu à l’église dans laquelle les familles de la plantation suivaient l’office. Minnie parvient à s’enfuir, laissant derrière elle son père qu’elle croit mort. C’est une nouvelle vie qu’elle est obligée de se construire à Chicago. Six ans plus tard, Elwyn reconnaît à la radio la voix de Minnie, devenue Minnie Bluebird…

Bluebird  est un beau roman où perle une palette d’émotions.

S’entrelacent de nombreux thèmes ; s’entrecroisent et s’unissent de nombreux fils.

Dans ce récit, le propos de l’auteur n’est pas tant de dénoncer, ni même d’analyser l’esclavage et la ségrégation -sa position est claire- mais de nous amener à réfléchir sur les méandres et les complexités de l’âme humaine, à voir comment les esprits se sont peu à peu ouverts.

Rien de tel que la fiction d’un roman pour donner envie d’approfondir ses connaissances !

Le plus : pour prolonger l’émotion du roman, on peut écouter la playlist de Bluebird sur Deezer.

Editions Didier Jeunesse