01/11/15

Malala, icône mondiale de la lutte contre les intégristes musulmans et pour l’éducation des filles

Publié par Hachette, dans la collection TémoignagesMoi, Malala s’adresse aux enfants, aux jeunes et moins jeunes, à travers le monde. Cet ouvrage, qui peut être lu à partir de 12 ans, est le témoignage authentique d’une jeune fille d’une détermination et d’un courage exceptionnels qui ont manqué de lui coûter la vie, en octobre 2012. Un attentat censé la faire taire qui n’a fait que renforcer ses convictions.

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Par les yeux de Malala, jeune pakistanaise de dix ans, prix Nobel de la paix, le lecteur découvre comment, peu à peu, son pays s’est transformé et a plongé dans l’horreur ; comment les mollahs, profitant du traumatisme de cette population violemment atteinte par un terrible tremblement de terre, ont introduit la charia ; comment les Pakistanais, lassés d’un système judiciaire lent et corrompu, ont idéalisé ces “bons interprètes” du Coran. La simplicité du style, et l’emploi de la première personne ajoutent encore à l’émotion qui se dégage de l’ensemble de l’ouvrage. Les descriptions efficaces – faites avec réalisme certes, mais aussi avec pudeur – rendent bien cette opposition entre un “avant talibans” – où les journées ordinaires étaient rythmées par une insouciance, témoin du bonheur de la population – et un “après talibans” qui a laissé place à l’embrigadement aveugle, la mort, la violence, mais aussi l’incompréhension, la désolation et la dissension.

Emplies de délicatesse et de psychologie, ces lignes portent en elles un formidable espoir : celui de retrouver, grâce à une sagesse collective, le bonheur de vivre ensemble.

Poésie et finesse d’analyse font de ce recueil un texte profond, captivant et percutant.

Nous devons vivre pleinement, ne serait-ce que dans nos cœurs” – citation du père de Malala ; un père, lui aussi, exceptionnel.

 

 

 

 

03/6/14

Harcèlement au collège, Noémya témoigne

Le harcèlement prend de plus en plus d’ampleur à l’école et touche près d’un élève sur dix en France. Près de la moitié des faits de harcèlement touchent les 12-14 ans, et les filles en sont souvent les premières victimes.

C’est ce que veut dénoncer Noémya, à travers ce témoignage, édité par Hachette.

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Durant ses années de collèges, Noémya a subi tout ce qui fait le quotidien des élèves harcelés : les brimades régulières, l’isolement systématique, le poids de la honte, la perte de confiance, l’envie d’en finir…

En lisant ce témoignage, j’ai entendu la souffrance de cette fillette, puis de cette adulte “poursuivie -par une souffrance intérieure- pendant des années comme un millier de coups de poignard dans le ventre”.

J’ai bien compris cet horrible mécanisme qui détruit à petit feu : chaque jour, à chaque heure et à chaque minute.

MAIS l’empathie n’a pas totalement fonctionné. La raison ? ce sont les mots très durs employés à l’égard des enseignants et du personnel d’éducation.

Je cite : “Depuis mon entrée en sixième, les profs pensaient tous que j’étais intellectuellement limitée. Tu te souviens, maman, à chaque conseil de classe, je recevais un avertissement travail.” (Très clairement, lorsque nous mettons un avertissement travail -ce dont nous n’abusons pas-, ce n’est certainement pas pour signaler une déficience intellectuelle.)

Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai plus de rancune envers ces professeurs qui n’ont pas réagi qu’envers mes propres bourreaux.”… “Je les implorais silencieusement.” “Ils me renvoyaient : Crève…”

Je ne peux pas laisser dire et écrire des choses comme celles-ci, même si je sais que ces mots sont la verbalisation d’une vraie souffrance.

Nombreux sommes-nous dans l’éducation nationale à avoir des enfants.

Nombreux sommes-nous à craindre de tels agissements pour nos chers et tendres.

Nombreux sommes-nous de ce fait -ou tout simplement par intelligence de cœur- à être attentifs à la moindre alerte.

Nous aimons nos élèves. Comment pourrait-il en être autrement ? Lorsque nous sommes en situation “d’échec” avec l’un d’eux, c’est un vrai sentiment d’impuissance qui nous anime, un vrai sentiment de tristesse. Bien souvent, dans notre vie “en dehors des murs de l’école”, nous repensons à l’un ou l’autre, nous nous interrogeons, nous nous remettons aussi en question.

Je ne peux pas croire que durant 4 ans, un élève ne rencontre pas, dans son établissement, un adulte à qui se confier.

S’il y a un travail à faire, c’est un travail de déculpabilisation de l’enfant harcelé qui n’ose pas dire, qui a honte de dire.

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Si je n’ai pas adhéré à l’ouvrage précédemment cité pour les raisons exposées, il y en a un qui m’a beaucoup touchée et que j’ai volontiers fait tourner :

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Gaspard, jeune garçon solitaire et plutôt réservé, rentre en sixième. Sa maman, avec laquelle il vit seul depuis le divorce de ses parents, a essayé de le préparer au mieux à cette nouvelle étape, lui faisant mille recommandations et notamment celle de se méfier de certains garçons “trop sympas”. Lorsque le professeur fait l’appel et qu’il se retrouve aux côtés de cet élève nerveux, au regard incisif, Gaspard perçoit instantanément la menace…

Adoptant tour à tour le point de vue des deux protagonistes, Arthur Ténor nous permet de saisir, dans sa globalité, la construction de cette relation délétère qui va unir Gaspard et Anthony. Le récit, commençant par l’exposition de faits minimes, va crescendo dans cette descente aux enfers, jusqu’à l’explosion de la rage de Gaspard qui n’en peut plus de subir sans rien oser dire. Bien que fictive, cette histoire bouscule le lecteur ; son réalisme saisit. Le mécanisme du harcèlement est adroitement décrit aussi bien du côté de l’agresseur que de celui de la victime. Le recueil se termine par le témoignage pondéré et fort d’une mère dont l’enfant a été psychiquement démoli par le harcèlement. Un roman utile pour faire comprendre la gravité de ces pratiques que certains élèves qualifient de “jeux”. Une lecture qui peut être une bonne base pour une discussion en classe sur ce phénomène.

12/14/13

Un témoignage bouleversant sous forme de lettres inédites

Que d’émotions à la lecture de ce livre qui ne sortira qu’en janvier, aux édtions Hachette.

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Dans cette correspondance familiale, avec des mots simples, des mots de tous les jours où affleurent l’émotion et la conscience du tragique, nous suivons le destin des Blazy Lauzette, des paysans de l’Ariège qui voient trois des leurs partir pour la Grande Guerre.

Disposées selon un ordre chronologique, entrecoupées de brefs commentaires et accompagnées de documents variés, ces lettres -dont quelques-unes sont reproduites en fac-similé- constituent une sorte de “roman” familial, avec ses attentes, ses espoirs et ses drames.

A travers les regards croisés de trois combattants, de leurs parents et amis, ces missives sont aussi un exceptionnel témoignage sur la réalité de la Première Guerre mondiale. Ces parcelles de vécu, venues du front, parlent de tout : de l’enfer des tranchées à l’ennui qui ronge le moral, de la boue omniprésente au vin qui dispense un peu de plaisir ; mais elles témoignent aussi du souci permanent de rester forts et unis quelles que soient les difficultés.

En découvrant cette correspondance, on ne peut être que séduits -et agréablement surpris- par la qualité de style de ces trois plumes : les mots sont choisis, leur expression soignée, l’imparfait du subjonctif manié.

Une lecture poignante. Un très bel hommage, accessible à de jeunes lecteurs.

Lire pour ne pas oublier

288 pages

09/29/13

Un document exceptionnel pour ne pas oublier…

A l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, Bayard va publier un document UNIQUE.

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Ce texte constitue un document historique EXCEPTIONNEL. Son auteur, Lucien Laby, a tout juste vingt-deux ans quand la guerre est déclarée, à l’été 1914. Alors élève de l’Ecole du Service de santé de Lyon, le jeune homme est rappelé dès le 29 juillet. Sa formation médicale lui vaut d’être versé, avec le grade d’aspirant, dans la 56ème division d’infanterie de réserve, au titre de médecin auxiliaire. Il part pour la frontière lorraine.

Les feuilles de route de Lucien constituent un journal de guerre rédigé dans l’instant, souvent au jour le jour. Un journal complété par des lettres et réhaussé de dessins réalisés généralement à l’encre noire. Le jeune aspirant fait usage de son trait pour rendre compte de sa vie en campagne. Sur de grandes pages figure un “petit lexique poilu à l’usage des civils” ; juste énorme tant c’est bien vu, caustique, burlesque.

Le tableau qu’il dresse de son expérience de guerre est sans pitié. N’oublions pas que les médecins du front furent les témoins privilégiés de la brutalité de cette guerre. Il sait dire la violence du combat, les traumatismes.

Constamment, il tient le compte des moments où il conquiert ou conserve l’estime de lui-même, et, avec une honnêteté scrupuleuse, consigne ceux où la peur l’a emporté.

On voit Laby subir, comme tant d’autres avec lui, la “crise du moral” du printemps 1917. Et quand la victoire alliée devient proche, la fin du carnet est à nouveau traversée par ce souffle de patriotisme qui rappelle celui de 1914.

Un ouvrage passionnant, émouvant, fort, à lire et à faire découvrir aux élèves de troisième, notamment.

352 pages

Disponible fin octobre.

 

02/14/13

Parlez-moi d’amour (6 et fin… eh oui, nous y sommes arrivés : c’est la Saint Valentin !)…

Pour commencer, un livre-témoignage qui parle d’un bel amour : celui d’une mère pour ses enfants.

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L’amour maternel est un sentiment merveilleux et désintéressé, qui communique sa force et permet de grandir.

C’est ce que nous rappelle Isabelle Laurent, dans son recueil « Les yeux d’une mère ».

Le témoignage qu’elle nous livre, avec simplicité et naturel, bouleverse, émeut et rassure aussi.

On ne peut être qu’admiratif devant la confiance avec laquelle cette épouse, cette mère aborde les événements de la vie.

On ne peut être que touchés par les analyses sereines, emplies de bienveillance, qu’elle fait.

Empreint de douceur, de pudeur et d’humilité, le livre d’Isabelle Laurent nous offre une belle leçon de don de soi, sans mièvrerie aucune. 

Un recueil résolument optimiste qui résonne encore en nous bien longtemps après sa lecture.

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chouette-penserAIMER UN PEU, BEAUCOUP… A LA FOLIE

Cet ouvrage fera, dès le 19 avril prochain, partie de la collection « Chouette, penser » de Gallimard.

 

Une collection intéressante qui part du précepte que l’adolescence est un âge propice à l’initiation philosophique – ce n’est pas nous qui les contredirons-

 

6 chapitres (Aimer avec un grand A, Qu’aime-t-on quand on aime ?, Délire divin ou amour fou, Amour et passion, Un art d’aimer ?, Les aléas de l’amour) amènent les adolescents à réfléchir sur cette belle et complexe notion.

Le vocabulaire est accessible ; les mots plus compliqués sont expliqués dans les marges (formidable opportunité d’enrichir son lexique !)

L’énonciation est ponctuée de citations d’auteurs, toutes pertinentes, connues ou moins, parfois étonnantes.

Des illustrations stylisées et suggestives agrémentent l’ensemble.

Bref, un recueil qui remplit pleinement sa fonction : ordonner la complexité de la notion, rendre possible un trajet intellectuel via un parcours de reconnaissance et d’étonnement.

 

C’est chouette de penser, non ? 

 

Merci à Myriam (Gallimard) pour nos longs et nombreux échanges.